Quelles que soient les questions éthiques soulevées par l’économie de l’attention, peu d’entreprises, institutions ou marques ne sauraient exercer d’activités dans le déni complet des canaux de communication prédominants. Les enjeux autour d’une stratégie de contenus, des tendances et des réseaux sociaux se posent inévitablement.
Encore en 2024, experts, sociologues, journalistes et autres cordons-bleus, nous font bouquet de leur opinion sur les chambardements actuels de nos cités dites connectées. De la sorte, ils graillonnent inlassablement sur l’avènement, la révolution ou la transition numérique, sur la transformation digitale ou sur l’impact et le choc de la technologie. L’analyse demi-finaude nous assoupirait presque. Mais, traduite en chiffraille, nous voilà subito presto débarquer du Café du Commerce.
A quelle hyperstimulation visuelle et cérébrales les populations sont-elles exposées devant leurs écrans ?
Comment ravigoter son public sans passer les bornes ?
L’invasion numérique, des chiffres à la pelle
Dans notre bon vieil hexagone, le vulgum pecus déverrouille son smartphone toutes les 9 minutes sur une tranche de 12 heures, autour de 80 fois quotidiennement…
Le vertige est idem dans le monde. À chaque minute, plus de 4 300 000 vidéos Youtube sont visionnées ; 2 400 000 Snaps envoyés ; plus de 480 000 tweets et 320 000 posts Facebook publiés.
Votre attention, s’il vous plaît
Les stimuli informationnels engluent nos esprits dans une dépendance générale. Précisément, l’attention est une ressource rare. Entre modèles économiques reposant sur l’exploitation de notre focus, fonctionnalités addictives et scroll infini, difficile de sortir la tête de l’étau numérique. Notre concentration se fragmente, notre mémoire à long terme se trouble et notre isolement social est ponctué de stress numérique à vouloir rester à l’affût de la moindre récompense immédiate…
Quelles réponses données ?
Face aux biais psychologiques qui usent la piste de nos faillibilités cognitives, des autorités gouvernementales, internationales, de régulation ou de protection des consommateurs et des données se bousculent pour souligner « la nécessité d’une surveillance continue, de réglementations renforcées ! » Qui sait où mènent les comités et les lois qui se veulent conformes à l’éthique ?
Faute de mieux, comment nous positionner pour turbiner loyalement ? La question est finalement vieille comme le monde. Nul n’apprécie qu’on lui fasse à l’envers. Or les utilisateurs des technologies ont finalement bien conscience de la laine blanche que les darkdesigner cherchent à paître sur leur dos.
Notre réponse est donc humaine : adressons-nous à l’intelligence plutôt qu’à la faiblesse, proposons des contenus à la hauteur de visiteurs éclairés. À beau jeu, beau retour. À nous efforcer de nous distinguer du flot ininterrompu des escamoteurs du net, se lient les relations de confiance et une forme de reconnaissance publique.
